Face aux sanctions multiples : 28 organisations locales, régionales et internationales apportent leur soutien au peuple malien

Face aux sanctions multiples : 28 organisations locales, régionales et internationales apportent leur soutien au peuple malien

Dans un communiqué mis à la disposition de direct infos Abidjan, 28 organisations locales, régionales et internationales ont exprimé leur soutien au peuple malien. « En tant que membres de la Coalition citoyenne pour le Sahel, un groupe d’organisations de la société civile du Mali, du Burkina Faso, du Niger et d’au-delà, nous exprimons notre solidarité au peuple malien face à la crise politique actuelle », a précisé ledit communiqué. A la CEDEAO et à ses partenaires, ces organisations ont adressé un appel pressant : « Nous appelons les autorités maliennes, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union Africaine et les gouvernements et institutions ayant une influence dans la région à placer les droits et besoins des personnes les plus vulnérables au cœur de leurs interventions afin que celles-ci renforcent, plutôt qu’affaiblissent, les efforts vitaux déployés dans le pays en matière d’aide humanitaire, de développement, de gouvernance démocratique, de consolidation de la paix et de défense des droits humains ».
Ces organisations lancent un pique au régime sortant au Mali. « La crise au Mali est le résultat d’années de corruption, d’indifférence, de mauvaise gouvernance et de violations alarmantes des droits humains commises en toute impunité par des groupes armés, des milices d’autodéfense et des membres des forces de sécurité », indique-t-on dans le communiqué qui ajouté que « cela a provoqué un mécontentement général de la population et une détérioration de la situation sécuritaire ».
Pour ces organisations, cette nouvelle crise politique doit constituer un signal d’alarme pour le Mali et la communauté internationale. Elles trouvent que cette communauté internationale doit trouver des réponses centrées sur les besoins des populations pour faire face à la déstabilisation croissante, non seulement du Mali, mais aussi du Burkina Faso, du Niger et plus largement de la région.
Les recommandations de ces organisations à l’endroit des autorités maliennes, de la CEDEAO, de l’Union africaine sont, entre autres : travailler en étroite collaboration avec les communautés et la société civile, y compris les groupes de femmes et de jeunes, afin d’élaborer une feuille de route politique complète, assortie d’échéances claires, qui place la protection des civils et la sécurité humaine au cœur de ses préoccupations et qui s’attaque aux causes profondes du conflit, notamment la crise de gouvernance. Cela devrait inclure un calendrier pour la transition vers un gouvernement civil au Mali ; veiller à ce que toute intervention n’aggrave pas la crise humanitaire, ni n’entrave l’accès et l’aide humanitaires ou la liberté de circulation de la population malienne, notamment en veillant à ce que des exemptions humanitaires complètes soient prévues dans tout régime de sanctions ; faire pression pour une action immédiate afin de garantir l’accès à la justice pour toutes et tous et lutter contre l’impunité à tous les niveaux, avec des mécanismes transparents pour toutes les violations commhises contre les civils, y compris par des groupes armés et des acteurs militaires internationaux.

Boureima Guindo, depuis Bamako

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